jeudi 12 mars 2009

Message 9

Hola!

Nous envoyons ce message au jour 69 de notre voyage mais nous ne sommes plus au Mexique depuis lundi le 9 mars, jour où nous sommes revenus à Donna, Texas au trailer park Victoria Palms d’où nous étions partis le 11 janvier pour notre périple au Mexique avec nos amis Jacques et Lise. Les photos du message d’aujourd’hui ont été prises à San Cristobal dans le Chiapas où nous sommes allés les 21-22 et 23 février en pick up avec nos amis. Nous avions laissé nos roulottes au camping de Mayabell à Palenque, tout près du site archéologique, que nous visiterons à notre retour de San Cristobal. San Cristobal et le village des indiens tzoziles de San Juan Chamula ont été un de nos coups de cœur de ce voyage.

La route 199 qui passe à travers les montagnes du Chiapas est une route plutôt étroite et très sinueuse et qui souvent frôle des précipices vertigineux et même à quelques reprises, est défoncée sur le bord des précipices et il fallait éviter les trous qui tombaient dans le vide – trous non annoncés… sans parler des multiples topes (dos d’âne). On ne peut pratiquement pas dépasser sur cette route alors quand on suit un camion lourd qui peine à monter les côtes, on prend notre mal en patience… Les pentes ne sont quand même pas trop abruptes ce qui rend la conduite un peu plus relax – dixit le conducteur Jacques. Il ne fait pas très chaud le soir dans les montagnes du Chiapas alors les indiens se chauffent avec le bois mort qu’ils ramassent dans la forêt et on en voit tout au long de la route transportant de lourdes charges de bois sur leurs épaules.
C’est souvent toute la famille qui transporte les fagots, les plus petits commencent leur entraînement en portant quelques bouts de bois. Durant la journée il fait chaud et cela doit demander beaucoup d’efforts surtout dans les côtes et on a remarqué que les maisons sont souvent situées beaucoup plus bas que la route.

Le long de la route, des enfants profitent des ‘’topes’’ pour vendre aliments ou boissons et quand il n’y a pas de ‘’topes’’ , il y en a qui tendent une corde pour faire arrêter les véhicules. Il y a même un jeune garçon qui a donné un coup de pied à notre véhicule parce qu’on se s’était pas arrêté et ce sous l’œil des parents. Il y a quand même de gentilles petites vendeuses comme Silvia et Maria qui voulaient absolument nous vendre des épis de maïs cuits. Mais comme on ne peut pas leur en acheter – question d’hygiène – nous leur avons donné quelques pesos. Elles étaient très contentes qu’on les prenne en photo.
Un peu plus loin, Jacques a fait monter dans la boîte du camion un jeune garçon qui transportait une grosse charge de bois et quand le jeune a voulu descendre, il a tapé sur la boîte (c’est le signal).
À un moment donné, on voit une petite fille bondir devant un baril avec deux bouteilles d’un liquide d’une couleur douteuse à vendre. On ne l’avait pas vue avant car elle était derrière le baril dans la fraîcheur de son ombre.

Les deux photos suivantes donnent un aperçu des montagnes du Chiapas et des petits pueblos au fond des vallées, un aperçu vraiment général car c’est difficile de donner une idée du relief sur une photo.

À certains endroits le long de la route, nous apercevions des grains qui séchaient sur de grandes toiles et c’est en voyant l’affiche d’une coopérative de café que nous avons déduit qu’il s’agissait de grains de café.
Le Chiapas c’est la terre des zapatistes et il y a encore de nombreuses affiches qui le prouvent:
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On traverse de nombreux villages et dans le village d’Oxchua, à 2100 m. d’altitude, c’était jour de marché. On ne savait pas trop où passer tant il y avait du monde, des animaux, etc. sur la route. Un vrai fouillis après la tranquille route de montagne !

Partis à 8h30, nous arrivons à San Cristobal – enfin – à 15h00. San Cristobal, ville de plus de 200 000 habitants, se trouve à 2200 m. d’altitude. Fondée en 1528, c’est la plus vieille ville espagnole de l’état du Chiapas. Des rues étroites, des maisons basses aux fenêtres grillagées de fer forgé font de cette ville un endroit très agréable où passer quelques jours – dixit Le Routard. C’est ce que nous allons faire et on commence par se chercher un hôtel, vu qu’on avait laissé nos roulottes à Palenque. Après consultation du guide, on décide de se diriger vers le centre historique. Il faut être un chauffeur très habile pour conduire un gros ‘’pick up’’ dans ces rues très étroites – bravo Jacques. On s’arrête en face de l’hôtel Posada San Cristobal et comme il y avait de la place on décide d’y rester. C’est un hôtel colonial typique, la salle à manger se trouve dans le patio central où il y a aussi une jolie fontaine et les portes des chambres donnent sur le patio, comme dans les haciendas.
Mais comme il n’y avait plus de place autour du patio, on nous a donné des chambres à l’arrière au 2ème étage. Léopold a réussi une jolie photo du balcon de notre chambre à partir du 3ème étage.
Il n’y a pas de chauffage dans les chambre et il fait assez frais, je dirais même froid. Heureusement qu’on avait pris nos petites chaufferettes électriques et pour m’assurer qu’on ne ferait pas sauter les fusibles, j’ai demandé si on pouvait faire fonctionner nos séchoirs à cheveux… Comme l’hôtel n’a pas de stationnement, il faut mettre le pick up dans un stationnement intérieur payant pas très loin. De toute façon, on ne se déplacera qu’à pied car on est à un coin de rue du zocalo. On met les bagages dans les chambres et on part visiter le zocalo.
C’est samedi et il y a beaucoup de monde : des touristes étrangers, souvent des observateurs internationaux et des membres d’ONG, des Mexicains en week-end, des indiens tzoziles qui descendent des montagnes pour venir vendre leurs produits. La photo avec la cathédrale Nuestra Señora de la Anunciación en fond donne un aperçu de cette foule diverse.
Autour du zocalo, il y a des vendeurs ambulants qui vendent de tout : souvenirs, aliments, boissons, il y avait même une indienne qui vendait des cigarettes à l’unité. On a photographié ses deux petits qui étaient assis derrière elle – commode, pas besoin de garderie !
On ne voit pas beaucoup de monde qui fument des cigarettes, on a surpris le vendeur de ballons la cigarette au bec.
Un jeune garçon de 8-9 ans s’est approché de moi pour cirer mes souliers. Au début, je ne voulais pas, il a insisté en disant que c’était pour s’acheter des choses pour son école, C’était un vrai pro, mes souliers brillaient comme s’ils étaient neufs et j’ai pu jaser un bon bout avec lui.
Le zocalo le soir est tout illuminé et c’est très joli
et il y a beaucoup d’activité ainsi que devant la cathédrale.
Vers 20h30 nous sommes entrés dans la cathédrale, il y avait un mariage et sommes restés juste assez longtemps pour entendre un chœur de voix chanter divinement bien a capella l’Ave Maria.
Nous sommes aussi allés marcher dans la rue piétonnière qui donnait sur le zocalo où plusieurs boutiques et restaurants étaient encore ouverts malgré le froid de canard qu’il faisait.

Le lendemain, le dimanche nous avons visité la ville en tranvía turistíca. Cette visite qui a duré 2 heures nous a permis de connaître l’histoire de la ville et d’en voir les nombreuses chapelles et églises. Il est difficile de choisir quelques photos parmi toutes celles que Léopold a prises et la photo suivante donne une bonne idée de la proximité des montagnes et de l’influence espagnole.
Nous sommes aussi allés visiter un village indien, San Juan Chamula qui est situé à 10 km de San Cristobal. Nous avions pris un taxi et durant le trajet nous pouvions voir des indiens tzoziles se diriger à pied vers le village
Il fait froid dans ce village et les indiens s’habillent de peaux de moutons, les femmes s’en font des jupes et les hommes des grandes tuniques noires ou blanches. C’est une région d’élevage de moutons et curieusement, la majorité des moutons sont noirs et il n’y a souvent qu’un seul mouton blanc dans le troupeau.
Nous sommes descendus vers le centre du village au beau milieu d’un groupe de danseurs et musiciens. On nous avait dit avant d’arriver au village qu’on ne pouvait pas y prendre de photos, surtout durant les fêtes. Sur place, quelqu’un nous a dit le contraire et Léopold a pris une photo de ce groupe avec en arrière-plan la place centrale et l’église.
Tout de suite après cette photo, nous avons rencontré un guide qui nous a dit de ne pas prendre de photo car on risquait de se faire briser la caméra. Il nous avait aussi dit qu’il fallait acheter des billets pour pouvoir entrer dans l’église, ce que nous n’avons pas manqué de faire.
Le dimanche, c’est jour de marché au village et il y avait une foule immense réunie sur la place devant l’église et autour de cette place et il fallait se frayer un chemin pour pouvoir entrer.
Cette photo est en fait une carte postale que nous avons achetée, vu qu’on ne pouvait pas prendre de photo.
Un jeune garçon de 8 ans s’est offert pour nous servir de guide dans l’église. Si l’église a l’apparence d’une église catholique, à l’intérieur c’est tout un autre culte qui y est célébré. Tout d’abord, il n’y a plus de banc, même si la photo d’une autre carte postale nous montre le contraire.
Des rangées de statues de saints baroques espagnols sont de chaque côté de l’église et devant ces statues les indiens allument quantité de cierges qu’ils fixent directement sur le sol. Nous avons vu des indiens prier avec une ferveur peu commune, mais ils n’invoquent pas les saints représentés par les statues mais plutôt leurs propres dieux. Le plancher de l’église est recouvert d’aiguilles de pin sur lesquelles, selon le jeune, les fidèles s’assoient lorsqu’ils viennent voir le guérisseur (?...) Pas besoin de vous dire que c’était plutôt glissant et qu’il fallait marcher avec attention entre les aiguilles de pin et les cierges allumés. Il y avait aussi beaucoup de fumée.

Le lundi sur le chemin du retour de San Cristobal, nous avons rencontré Jean-Philippe, ce jeune Québécois dont nous vous avons déjà parlé dans un message antérieur. On l’avait rencontré au début de notre voyage sur la côte du Golfe ce qui signifie qu’il avait traversé le Mexique en vélo et qu’il se tapait maintenant les montagnes du Chiapas car il roulait en direction de San Cristobal : incroyable !!! Il était très heureux de nous revoir, nous nous sommes arrêtés et avons jasé avec lui un bout de temps et les enfants indiens nous entouraient tout curieux de nous voir s’embrasser et se parler. Quand Jean-Philippe a repris la route nous lui avons tous dit : bye Jean-Philippe et les petits indiens répétaient bye Jean-Philippe en lui envoyant la main.
Sur la route nous pouvions apercevoir des indiens qui coupaient de gros fruits qui poussaient dans des palmiers. Nous nous sommes arrêtés pour demander ce qu’ils en faisaient et un indien nous a aimablement dit que c’était pour faire de l’huile de palme.
C’est ainsi que se termine notre beau voyage à San Cristobal. Dans le prochain message, nous vous emmèenerons à Palenque, un des plus beaux sites archéologiques du Yucatan.
Diane et Léopold